Assurer ses données personnelles, bientôt la norme?

Aujourd’hui, Axa, la Maaf ou encore la SFAM propose des assurances contre la perte, le vol ou la casse de nos objets connectés.
Mais qu’en est-il du piratage
?
Alors que nos téléphones portables regorgent de données personnelles et professionnelles, sociétés et particuliers commencent à s’y intéresser de près.
Plus qu’une tendance, la cyberassurance pourrait devenir une norme.


Sources : Rue de la Baguette : 18 juin 2018


En 2013, l’Institut de l’audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate) estimait que le nombre d’objets connectés en circulation à travers le monde pourrait s’élever à 80 milliards à l’horizon 2020, contre 4 milliards en 2010 et 15 milliards aujourd’hui.
De son côté, en 2017, le cabinet d’études Gartner tablait sur 20 milliards à l’horizon 2020. L’écart entre les deux estimations s’explique en raison du plus large panel d’objets connectés pris en compte par l’Idate.

Si la définition d’objets connectés fait débat, une chose est sûre, depuis plus d’une décennie, ces derniers sont en constante augmentation, et ce au niveau mondial. Le smartphone représente à lui seul cette tendance : pas moins de 1,5 milliard de smartphones ont été vendus dans le monde en 2016.

L’Hexagone n’échappe pas à la règle. Selon l’institut d’études GfK, plus de 8 Français sur 10 sont désormais équipés d’un smartphone, et ce n’est pas le segment d’entrée de gamme qui est le plus plébiscité. La grande majorité d’entre nous possède en effet des appareils dont le prix dépasse les 500 euros.

Chers, mais aussi fragiles.
Fini le Nokia 3310 capable d’encaisser une chute de 5 étages sans avoir une égratignure.
Aujourd’hui, faire tomber son iPhone ou son Samsung Galaxy de sa poche est bien souvent synonyme de casse. Et c’est sans compter sur le fait que nos précieux appareils attirent les convoitises.
Ainsi, les vols de smartphones sont devenus monnaie courante.

Devant ce constat, les assurances affinitaires se sont multipliées et sont désormais couramment proposées en grandes surfaces et autres enseignes d’e-commerce.
En résumé, il s’agit d’une assurance complémentaire, qui couvre les produits — téléphones portables, tablettes, enceintes Bluetooth — en cas de détérioration, perte, vol ou panne.

En France, la Société française d’assurances multirisques (SFAM), est le numéro 1 de l’assurance affinitaire, un service qu’elle propose depuis 18 ans, notamment sur les produits vendus par Fnac-Darty, dont elle est le deuxième actionnaire.
Mais tous les assureurs — qu’ils soient spécialisés ou généralistes — proposent une assurance mobile : Axa, la Maaf ou encore la Macif offrent ainsi ce service, bien souvent dans le cadre de leur assurance habitation.

Si le besoin de s’assurer contre la casse, le vol ou la perte de son mobile est aujourd’hui rentré dans les mœurs, il est un autre risque, qui n’est pas encore admis de tous, mais qui peut s’avérer hautement plus dangereux : le piratage.

Objets connectés et piratage

La popularisation des smartphones et autres objets connectés a sensiblement fait augmenter le risque de piratage.
D’autant que « pirater les objets connectés devient simple comme un jeu d’enfant », affirmait Gilbert Kallenborn, journaliste chez 01.net, en février dernier.

« Un hacker dénommé “VectorSEC” vient de créer un outil diabolique qui permet de pirater en masse ces appareils, et de façon totalement automatique », annonçait-il alors.
Un outil tellement puissant que « quelques mots-clés suffisent pour pirater en masse des systèmes accessibles par Internet ».

Une réalité plutôt inquiétante au regard des données qui transitent par nos appareils : identifiants de compte bancaire, RIB, mot de passe, mails confidentiels, etc.
Nos smartphones regorgent de données plus sensibles les unes que les autres.
Dès lors, les protéger et se prémunir d’éventuels dégâts d’un piratage devient un enjeu de taille.

Résultat : la cyberassurance pourrait être « le prochain pilier majeur de l’industrie », à condition que la technologie permette de « sécuriser les données, détecter les failles et mesurer les risques », analyse le magazine Maddyness.
Ce dernier cite la société d’études de marché et de conseil MarketsandMarkets, selon laquelle « le marché de la cybersécurité devrait passer à 232 milliards de dollars en 2022, contre 138 milliards de dollars en 2017 ».

En France, les sociétés souhaitant sécuriser leurs données confidentielles peuvent souscrire à une assurance contre la cybercriminalité.
En avril dernier, le groupe Matmut a par exemple lancé « Matmut Cyber Assurance », une offre qui garantit aux entreprises une couverture complète en cas de panne informatique, attaque virale, fuite de données en raison d’une erreur humaine ou encore du piratage d’un objet connecté.

Si l’offre de la Matmut cible les TPE/PME, de plus en plus d’offres à destination des particuliers voient le jour.

Bien que marginales pour le moment, elles devraient se multiplier dans les années à venir : en 2015 déjà, une étude du cabinet de conseil PwC affirmait que « 64 % des Français se disaient prêts à souscrire une assurance les couvrant contre les risques liés à la cybercriminalité ».

Dès lors, l’assurance physique et la cyberassurance pourraient bientôt être la norme.